La sculpture donne à une idée un poids, une échelle et une place dans le monde. Dans ce volet de ma recherche de 2024 sur l’IA et la culture visuelle, j’explore la façon dont de futurs outils pourraient transformer le passage d’une forme imaginée à une présence matérielle. La question porte autant sur ce qui deviendrait plus facile à réaliser que sur l’évolution du lien entre artiste, objet et spectateur.

L’IA pourrait offrir un espace où éprouver les idées avant de retenir une proposition. L’artiste pourrait parcourir des références historiques, des associations inattendues et des variations de proportions. Une forme générée ne serait pas nécessairement une œuvre achevée, mais une proposition à interroger, à rejeter ou à transformer. Une exploration plus rapide laisserait davantage de place aux choix réfléchis.

IA et culture visuelle : 29. Sculpture

La modélisation et la simulation numériques pourraient aider à étudier l’échelle, les matériaux et la relation au lieu avant la fabrication. L’IA pourrait intervenir dans ce processus sans remplacer la rencontre physique avec la matière. Un rendu soigné ne dit pas tout du poids, de la texture ou du vieillissement. Maquettes et échantillons resteraient indispensables pour découvrir ce que l’image ne montre pas.

Les outils robotisés et la fabrication numérique pourraient élargir l’éventail des détails, des textures et des dimensions accessibles à un atelier. Certaines opérations deviendraient plus reproductibles, tandis que l’artiste se concentrerait sur les décisions qui donnent son caractère à l’œuvre. Le travail manuel ne deviendrait pas pour autant obsolète. De nouvelles associations pourraient naître entre opérations programmées, interventions à la main et comportement propre à chaque matériau.

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Dans l’espace public, des essais plus précoces pourraient permettre aux artistes et aux ingénieurs de développer ensemble des formes ambitieuses. Vent, charges, fondations et contact avec les visiteurs exigeraient toujours une évaluation compétente. L’analyse assistée par IA pourrait y contribuer, sans certifier seule la sécurité. L’économie de matière et la durabilité resteraient également des objectifs à démontrer, et non des avantages garantis par la technologie.

La sculpture pourrait aussi accueillir des strates changeantes de lumière, de son ou de mouvement. La réalité augmentée pourrait révéler un processus, une autre forme ou un récit sans modifier physiquement l’objet. Ces possibilités offriraient plusieurs entrées dans une œuvre, notamment dans différentes langues. La rencontre devrait toutefois garder son sens pour une personne sans appareil ou ne souhaitant pas interagir.

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En conservation, la comparaison de documents au fil du temps pourrait aider à repérer des changements et à préparer un examen approfondi. L’IA pourrait proposer des restitutions d’une partie endommagée, mais une solution plausible resterait une hypothèse tant qu’elle ne serait pas étayée. Les professionnels de la conservation décideraient de l’intervention justifiée. Une présentation numérique pourrait parfois montrer une possibilité sans toucher à la matière originale.

J’imagine la sculpture comme un point de rencontre entre un objet physique, des connaissances qui s’enrichissent et différentes formes de participation. Les histoires locales et les échanges avec les habitants pourraient nourrir cette rencontre, sans réduire les goûts du public à des données comportementales. L’avenir ne serait pas nécessairement plus spectaculaire : il pourrait approfondir notre relation aux choses qui demeurent dans un lieu et dont notre compréhension évolue.

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